Portrait croisé: Gianni Agnelli et Lapo Elkann

For The Discerning Few vous propose, aujourd’hui, un portrait croisé de deux personnalités marquantes en termes de style et d’élégance, qui ont la particularité d’appartenir à la même famille. Nous voulons parler de Gianni Agnelli et de son petit-fils Lapo Elkann.

Gianni Agnelli

Gianni Agnelli (né en 1921 et mort en 2003 à Turin) fut un important industriel italien, dirigeant entre autres du groupe automobile Fiat. Surnommé l’Avvocato aussi bien par ses amis que par ses adversaires, cet homme cultivé est une référence pour bon nombre d’élégants. En effet, il fut classé parmi les hommes les plus élégants de l’année 1970 par le magazine Vanity Fair et son style continue, encore aujourd’hui, de susciter l’admiration.

Lapo Elkann

Son petit-fils, Lapo Elkann (né à New-York en 1977) travaille lui aussi au sein du groupe Fiat, et a, en outre, créé sa propre marque de vêtements de luxe Italia Independent en 2007. Il fut à son tour classé parmi les hommes les plus élégants du monde en 2009, toujours par Vanity Fair.

Si Gianni Agnelli portait des costumes bespoke du tailleur romain Caraceni plutôt sobres, dans des teintes discrètes. Lapo Elkann, quant à lui, porte régulièrement des tenues colorées, qui relèvent parfois davantage de la mode que d’une élégance intemporelle à proprement parler. Toutefois, il semble avoir conservé un œil avisé quant aux belles matières. On a pu l’apercevoir notamment dans un costume en Glen Urqhart, aussi bien dans sa version grise et rouge que marron et bleu.

Par ailleurs, un de leurs points communs est leur goût prononcé pour l’originalité. Si celle de Lapo Elkann est perceptible au premier coup d’œil avec ses nombreux bijoux et ses tatouages, l’originalité de Gianni Agnelli était quant à elle plus discrète. Ainsi, l’Avvocato portait généralement une cravate plus courte que ce qui se fait en général et, surtout, il portait sa montre par-dessus sa manche de chemise. Si ce dernier détail peut sembler choquant voire provocateur pour beaucoup d’élégants qui préconisent la discrétion avant tout, nous pensons que ce n’était pas la volonté première de M. Agnelli lorsqu’il mettait sa montre le matin.

En effet, Gianni Agnelli avait pour habitude de porter des chemises extrêmement bien coupées, notamment au niveau des manches et des poignets. Contrairement à beaucoup d’hommes, il aurait été difficile de le surprendre avec une manche de chemise lui cachant la moitié de la main. Dès lors, il ne pouvait porter de montre sous sa chemise, sous peine de ne pouvoir boutonner les poignets. Il a donc résolu le problème en adoptant ce stratagème, qui a fortement contribué à sa légende. Ainsi c’est davantage par souci pratique que par esprit de provocation qu’il portait sa montre de cette façon. En outre, il avait pour habitude de porter ses cravates en cashmere par-dessus ses pulls.

Il était aussi un grand adepte des chemises à col boutonné Brooks Brothers qu’il portait avec une cravate et ses costumes à cran pointu. Il portait aussi parfois le petit pan de sa cravate bien plus long que le grand pan en le rentrant dans son pantalon.

Lapo Elkann se chausse désormais presque exclusivement avec des mocassins Arfango, marque florentine au style typiquement italien. Certains modèles présentent, par exemple, des pampilles qu’il est possible de transformer en boutons de manchettes (ce qui est d’ailleurs étonnant quant on connaît la réticence des Italiens à porter des chemises à poignets mousquetaires).

Gianni Agnelli, quant à lui, portait parfois des souliers en décalage avec ses costumes, comme par exemple des bottines d’alpinisme mais aussi des mocassins à picots Miserrochi.

Même si nous avons quelques réserves concernant certains des choix de ces figures emblématiques de la sprezzatura, nous trouvons toujours dignes d’intérêt les personnes ayant su créer et assumer leur propre style. Vous conviendrez que c’est le cas en l’espèce.

Source photos: Google Images

17 réflexions sur “Portrait croisé: Gianni Agnelli et Lapo Elkann

  1. Jean-Noël dit :

    Excellent article, merci.

    Espérons qu’il y en aura d’autres du même genre : Edouard VII et Edouard VIII par exemple, ou encore (en laissant de côté le lien de parenté) Steve McQueen et Paul Newman ou Cary Grant et Gregory Peck…

    • Jon dit :

      Article intéressant, mais pourquoi diantre écrivez vous « cachemire » à l’anglaise ? Vous parlez bien de vigogne et non pas de vicuña, de lin et non pas de linen, d’où mon interrogation…

      • forthediscerningfew dit :

        Merci pour votre commentaire. C’est une question que nous nous sommes posée.

        PRONONC. ET ORTH. : [kaʃmi:ʀ]. Orth. de l’Ac. (1835-1932) : cachemire; cf. aussi le reste des dict. Rob. Suppl. 1970 indique que pour désigner le tissu, la graphie anglaise cashmere est la plus couramment employée« .

        Source: Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales

  2. ciccio dit :

    confrontation intéressante entre le grand père et le petit fils.
    dans la famille agnelli, il ya aussi john, le frère de lapo, à l’élégance plus traditionnelle, classique et discrète.
    une autre version de l’héritage de gianni agnelli, plus « bonne société turinoise » et moins jet set.
    ciccio

    • forthediscerningfew dit :

      Merci pour votre commentaire. Nous sommes tout à fait d’accord avec vous concernant John Elkann. Toutefois, au contraire de son grand-père et de son frère, les magazines ne s’intéressent que très rarement à lui.

      Mais vous avez raison, un portrait croisé des deux frères serait intéressant (pour peu que l’on parvienne à trouver des photos de John).

  3. Le chouan dit :

    Un bon chemisier demande à son client à quel poignet il porte sa montre et veille à ce que le poignet concerné soit taillé un peu plus large que l’autre pour que la montre glisse sans peine.
    Amitiés.

  4. Orgel dit :

    Pardonnez-moi, mais tout ce que je vois là est très vilain: col à boutons non boutonnés, pantoufles de velours avec un costume de ville, manches de veste remontées jusqu’au coude, cravate sur le pull, chaussures de montagne et montre sur la chemise, non, décidément. Je rejoins le Chouan sur son commentaire; si la chemise est à ce point ajustée qu’elle ne permette plus de lire l’heure à son poignet en honnête homme, c’est que justement elle est mal ajustée. Et quand bien même dans ce cas, il existe de belles alternatives comme le port du gousset retenu à la boutonnière. Voir Jorge Luis Borges, par exemple. Pas d’élégance, à mon goût, mais de l’excentricité, oui (ce qui n’est pas interdit, remarquez)

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