Réflexion sur l’accueil dans les boutiques

S’il est un élément périphérique à l’élégance masculine que l’équipe de For The Discerning Few juge d’une importance particulière, c’est bien celui de l’accueil dans les boutiques. En effet, lorsque vous mettez les pieds pour la première fois dans une boutique, la première impression est souvent déterminante et la relation que vous entamerez avec le vendeur ou la personne responsable jouera bien souvent un rôle décisif sur votre achat (ou sur vos achats futurs dans ladite boutique).

Contrairement aux femmes, il est regrettable que les hommes rechignent trop souvent à entrer dans les magasins afin de regarder de plus près, de toucher ou même d’essayer les produits. Si vous avez décidé d’investir, par exemple, dans une paire de souliers à quelques centaines d’euros, il est tout à fait légitime que vous puissiez poser des questions aux vendeurs afin d’être certain de votre choix.

Nous nous adressons particulièrement ici aux plus jeunes. Même s’il s’agit de votre première acquisition d’importance, comportez vous avec une certaine assurance, tout en vous disant bien qu’il n’y a pas de honte à ne pas savoir, tant que l’on fait preuve de curiosité (et de politesse). N’ayez pas peur. Que vous décidiez ou non d’acheter le produit préalablement convoité, les vendeurs n’ont pas pour consigne d’abattre les clients qui ne mettent pas la main au portefeuille. Si vous ne ressortez pas de la boutique avec un costume en gabardine de laine, vous n’en ressortirez pas non plus dans un costume de bois.

Evidemment, il faut faire la distinction entre un vendeur qui s’intéresse à ce qu’il vend et qui connait bien les produits et un vendeur déconfit, qui était à la recherche d’un emploi (et non d’un travail) lorsqu’il a postulé. Nous voulons bien croire qu’il est difficile pour les marques de trouver des vendeurs compétents et que les payes ne sont pas forcément très motivantes. Cependant, on ne vend pas du H&M ou du Zara comme on vend du Arthur & Fox, du Hackett, du Ralph Lauren ou du Brooks Brothers. De même, certaines enseignes de « luxe » – nous pensons ici à un grand magasin de la Rive Gauche, que nous apprécions par ailleurs – seraient bien inspirées de faire part à leurs vendeurs que leurs conversations privées, au sujet de leur « cuite » de la veille (air connu), n’intéressent personne. En tout cas pas nous.

Néanmoins, en tant que clients, il faut savoir aussi être raisonnable et tolérer les écarts, quand ils ne sont pas fréquents. Si vous avez eu à faire au même vendeur une dizaine de fois, qu’il a été parfait les 10 fois mais que la 11ème fois il ne vous parait clairement pas dans un bon jour, alors soyez indulgent. Chacun est en droit d’avoir ses soucis personnels et s’ils ne doivent généralement pas transparaitre une fois franchit la porte de la boutique, nul n’est parfait…

En outre, certaines personnalités peuvent déconcerter la première fois. Mais en apprenant à les connaitre, on change bien souvent d’opinion, et des personnes qui pouvaient sembler un peu bourrues ou détachées au premier abord, cachent bien souvent une personnalité nettement plus intéressante que certains vendeurs trop obséquieux.

Le vendeur est souvent l’intermédiaire entre la marque et son (potentiel) client. Leur bonne relation est donc capital et nous trouvons, à titre personnel, qu’il est agréable (sans être grisant) d’être (re) connu lorsque vous pénétrez à nouveau dans une boutique, le vendeur, connaissant vos goûts, pouvant directement aller à l’essentiel en vous proposant les pièces qui vous correspondent.

Que les choses soient claires : loin de nous l’idée d’incriminer tous les vendeurs ou même une majorité d’entre eux, et nous sommes très bien accueillis dans les boutiques que nous citons dans ce billet. Nous leur tirons aussi notre chapeau. Certains clients sont en effet particulièrement compliqués à gérer et le vendeur doit bien souvent prendre l’habit d’un psychologue pour faire face à ce genre d’énergumène. Quant aux soi-disant « clients » qui font le tour des boutiques toute l’année sans jamais passer à la caisse, qu’ils ne s’étonnent pas si l’accueil se fait de plus en plus froid.

7 réflexions sur “Réflexion sur l’accueil dans les boutiques

  1. Victor dit :

    Excellent article! C’est un aspect auquel je suis particulièrement sensible dans une boutique. En revanche je ne suis pas d’accord avec un point: « Quant aux soi-disant « clients » qui font le tour des boutiques toute l’année sans jamais passer à la caisse, qu’ils ne s’étonnent pas si l’accueil se fait de plus en plus froid. » La qualité de l’accueil n’a pas à se « refroidir » si le client est réputé non acheteur. Ce type de client est pénible certes, mais jamais la qualité de l’accueil ne doit se dégrader sous peine de faire subir le même sort à l’image de marque et vis à vis des autres clients présents qui pourraient ressentir cette relation. Les ignorer poliment suffit amplement.

    • Guillaume dit :

      J’ajouterai que je trouve important – et malheureusement trop mal vu – le fait d’aller dans les boutiques voir, toucher, triturer les produits pour au moins deux raisons:

      – On apprend à reconnaître un bon produit d’un mauvais, un beau tissu, un beau cuir…
      – On se fait une idée bien plus précise de l’offre de la maison en général, et non juste sur le produit qu’on envisage d’acheter.

      En plus de ça, on y fait parfois de fort sympathiques rencontres. Ca m’est arrivé notamment chez Corthay, où je n’ai pourtant pas encore eu la chance d’être client.

      • Qualis Artifex dit :

        @ Victor et Guillaume : Je partage vos opinions.
        Outre l’intérêt pour certains produits, le fait d’être bien accueilli me conforte qu’il est préférable de dépenser (même un peu plus) dans une boutique où les vendeurs sont agréables (je ne parle pas des obséquieux). De plus, je préfère avoir affaire à des vendeurs qui ne maîtrisent pas bien leurs produits, mais avec qui la discussion est ouverte, que des « experts » qui vous toisent et qui s’agacent à chacune de vos questions (même si elles leur semblent triviales voire idiotes).

  2. G. dit :

    Je n’ajouterai pas ma contribution aux félicitations me précédant et à celles qui me suivront tant je suis d’accord avec le fond de l’article.

    Je relèverai en revanche deux points : le premier concerne l’élégance d’une phrase à laquelle j’ai été sensible – « si vous ne sortez pas d’un magasin de luxe avec un costume en garbadine de laine, vous n’en ressortirez pas non plus avec un costume en bois ».. Très bon. Très très bon.

    Je soupçonne un lien entre les vendeurs qui déconcertent les premières fois et une enseigne anglaise bien connue de souliers, à proximité de votre enseigne bien connue à vous de la rive gauche…

  3. Wil dit :

    J’aurais un point a ajouter: les vendeurs « agressifs ».
    Ces vendeurs qui, dés que vous rentrez dans la boutique, vous harponnent durant toute la durée de la visite.
    Ils vous conseillent d’essayer tel vêtement même si cela ne vous intéresse pas, vous expliquent que tout vous va parfaitement même si les manches vous arrivent au milieu de la main, vous donnent des « conseils » en matière d’élégance malgré leur « accoutrement »…
    Bref des vendeurs plein d’arrogance et d’incompétence!
    Envies de meurtre?

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